Chères Consœurs, Chers Confrères,
Vous avez probablement été sollicité·es, cette année encore, pour participer au sondage “Les meilleurs cabinets d’avocats de Suisse” / “Top Kanzleien Schweiz” mené par PME et Bilanz et mis en œuvre par Statista.
Comme déjà rappelé dans nos communications des 23 avril 2020 (lien), 18 novembre 2020 (lien), 28 novembre 2022 (lien) et 23 octobre 2023 (lien) ce sondage et les publications correspondantes sont problématiques à plusieurs égards. En particulier, la méthodologie utilisée repose essentiellement sur une statistique facilement manipulable par des recommandations de complaisance et sans aucun contrôle qualitatif.
Quand bien même la participation aux classements d’avocat·es n’est en soi pas proscrite par la Directive du Conseil de l’Ordre en matière de communication et de publicité, il est du devoir de tout·e avocat·e qui décide d’y participer de veiller au respect des principes cardinaux que sont la dignité, la probité, l’objectivité et le respect du secret professionnel. La participation à ce sondage pose notamment la question de la dignité de l’avocat dès lors que des accords informels de vote réciproque peuvent être passés entre confrères ou consœurs dans le cadre de “récolte de recommandations”.
A cela s’ajoute que les Lignes directrices communes aux barreaux latins en matière de publicité des avocat·es par Internet et de permanences juridiques, adoptées par la Conférence latine des Bâtonniers le 4 novembre 2022, prescrivent que « [d]ans la mesure du possible, les avocat·es doivent éviter de favoriser la notation et les commentaires publics de leurs services. A défaut de pouvoir bloquer ces commentaires, les avocat·es doivent s’abstenir d’encourager leurs clients à laisser des avis et commentaires sur Internet« .
En l’occurrence, des sollicitations invitant activement des clients, des proches ou tout partenaire commercial à voter pour un·e avocat·e, respectivement une étude dans le cadre de ce sondage, ne sont en aucun cas tolérées.
Ainsi, nous vous invitons à ne pas participer à ce sondage et à n’en utiliser le résultat qu’avec prudence et retenue dans le respect des règles de notre profession.
Pour rappel, la Chambre des avocats, avec laquelle l’Ordre a procédé à un échange de vues à ce sujet, estime que ce type de classement, qui repose sur des recommandations de complaisance, est trompeur pour le public et ne doit pas être utilisé à des fins publicitaires.
C’est le lieu de rappeler que la publicité doit se limiter à des faits objectifs et satisfaire à l’intérêt général (art. 12 let. d LLCA). Toute publicité qui serait fondée sur une statistique faussée ou manipulée par des recommandations de complaisance entre confrères et consœurs ou sans contrôle qualitatif objectif pourrait contrevenir à cette disposition et relever du droit disciplinaire.